un peu de poèsie de Sourcier


Nilrem  : carnet de voyage d'un souffleur de rêves                 http://nilrem.over-blog.com/

L'oiseau de nuit


Je suis un rêve
Voyageur entre deux mondes
J'étends mes ailes
Entre la nuit et le jour
Le soir je m'élève
Et le matin je retombe
Aussi léger que je suis lourd.
Les vents épais
M'arrachent à cette terre
Gonflent mon cœur
De mille soleils nocturnes,
Je suis riche de poussières
Je danse avec la lune
Ombre dans sa lueur.
Oiseau de nuit
J'ai les yeux comme une ronde
Tout en courbes et en danses
J'ai ce souffle dans mes plumes
Qui m'emporte et puis qui gronde.
C'est dans les draps du ciel
Que je m'évade en transe,
Compagnon de magiciennes
De leur voyage sensoriel.
Je suis un rêve
Voyageur et troubadour,
J'étends mes ailes
Entre la nuit et le jour
Le soir je m'élève
Et le matin je m'endors
Aussi faible que je suis fort.




LES MAINS DU SOURCIER

Je voudrais plonger mes mains dans le bruissement des mots,
Dans cette pluie d'ombres et de lumières,
Qu'elles soient tachetées de mille couleurs changeantes,
Ancrées de toutes les nuances des âmes hurlantes,
Trempées de pleurs, noyées de rires.
Je voudrais plonger mes mains dans cet essaim bruissant,
Les perdre dans un tourbillon de miel et de colère,
Piquées de vents contraires et foudroyées du soleil.
Enterrer mes mains dans une fourmilière,
Qu’ elles soient d'infinies chemins et le grondement de la terre,
Les croire réduites en poussière,
Et qu’elles soient enfin capables d'étreindre à bras ouverts



Le PASSAGE

Le silence du monde
Aux lèvres épaisses
Vient poser contre ma joue un baiser
Il tire le drap du ciel sur mes yeux ouverts
Et me dit qu'il est temps de voyager


Merlin

Assis sur son rocher Merlin pensait
Ou rêvait, car les mots de son esprit
S’éveillaient pour chanter ou danser.
Il n’était plus rien, rien que la nuit
Sur la ronde affolée d’une souris
Prise dans l’œil rond d’un rapace nocturne
Noyé dans la rondeur de la lune.
Assis sur son rocher Merlin humait
Il respirait à pleins poumons la vie
L’odeur de la terre, l’odeur de la pluie
Et à travers le parfum de Viviane
Le sel et le miel de toutes les femmes.
Assis sur son rocher, il écoutait
Son cœur battre lentement le tambour,
La sève des arbres monter vers le jour,
Les bruissements des matins du monde
Qui toujours nous bercent de ses ondes.
Assis sur son rocher Merlin touchait
La douceur de la mousse gorgée d’eau,
Une gorge, la douceur d’une peau,
La brume qui monte doucement du sol,
La brise qui découvre une épaule.
Assis sur son rocher, Merlin goûtait,
Ce que le vent venait déposer
Sur ses lèvres toujours assoiffées,
Dans les plis de son âme affamée
De tout ce qu’il pourrait savourer.